Commentaires de visiteurs
Bienvenue dans cet espace qui est aussi le vôtre. Alors, n’hésitez pas, chers lecteurs, à me faire part de vos remarques, critiques ou suggestions. Peut-être avez-vous aussi une précision à apporter à l’une ou l’autre de mes pages ou tout simplement un témoignage à partager ? Vos réactions constructives, vos commentaires pertinents contribuant à l’enrichissement de mon site, vos messages sympathiques mais aussi vos écrits franchement contrariants seront publiés ici, l’anonymat étant respecté pour ceux qui le demandent.
René Ferré :
A propos de cette rubrique « courrier des lecteurs », je pense qu’elle est effectivement préférable à un livre d'or. Le livre d'or ne correspond qu'à une émotion passagère, spontanée certes mais qui n'exprime pas la réflexion approfondie, réfléchie. Et pour tout dire, je n'aime pas l'usage qu'en font certains pédants anonymes. Un livre d'or n'est pas un fourre-tout. Le courrier des lecteurs peut être la source de précisions sur des événements ou des aspects ignorés d'une même époque vécue par d'autres mais dans des milieux et sous des regards différents. Mais vous y avez pensé, sinon vous ne créeriez pas un courrier des lecteurs. Vous y trouverez aussi comme dans le livre d'or des états d'âmes, des réflexions d'atrabilaires ou d'esprits chagrins. Mais la quête peut être riche et constructive après un tri indispensable.
Cela dit, je suis allé visiter votre site Royaumeix, mon village et me suis régalé tant par le contenu que par le contenant (plus agréable que la version précédente). J’aime ce genre de récit, même au ras du sol, dénué de prétention littéraire mais si authentique. Récit auquel je m’identifie avec nostalgie. J’aimerais tant que le présent ressemble un peu au passé pour une qualité de vie que je crains à jamais disparue. Entre l’école et l’église, le tiroir aux souvenirs est souvent commun pour les enfants que nous étions en ce temps là. J’ai retrouvé des senteurs d’un passé que je croyais bien enseveli et perdu dans ma mémoire.
Jean-François Cordet, préfet de Meurthe-et-Moselle :
Mon chargé de communication a visité votre site personnalisé et m'a indiqué votre contribution à l'enrichissement de la connaissance du patrimoine local. Vous souhaitant lecture par de nombreux internautes. Salutations.
André Bouvot, instituteur à Royaumeix de 1933 à 1939 puis de 1945 à 1956 :
Un grand merci pour ces souvenirs d’enfance reflétant la vie à Royaumeix dans les années 50. Il m’est fort agréable quarante ans après mon départ de Royaumeix de revivre avec quelques-uns de mes anciens élèves fidèles et reconnaissants une période de vie totalement différente de l’actualité. J’ai apprécié ce retour à l’école de mes jeunes années d’enseignement, à Royaumeix, petit village vivant où il a fait bon vivre au sein d’une sympathique population et d’une multitude d’élèves studieux et travailleurs. Ce fut pour moi une jolie récompense de les voir munis du diplôme de ce temps qui avait alors une sérieuse valeur. Ce fut pour moi une grande satisfaction de voir quelques-uns poursuivre des études et toujours réussir. Et je suis comblé lorsque je retrouve ces anciens aujourd’hui ayant fait leur vie. Que dirais-je de plus de réminiscences de multiples familles, de leur vie souvent difficile et pénible. Je revois ces anciennes familles qui ont assuré l’avenir du village aujourd’hui assez transformé et modernisé. Mais la période des années 50 évoquée, je la revis avec grand plaisir en cette année de mes 87 ans.
Jean Manauthon, instituteur à Royaumeix de 1958 à 1964 :
Tu as ressuscité par l’esprit ce que fut ton enfance dans un village lorrain et dans une maison affectée par l’O.N.F. à un de ses agents – en fait une ancienne gare désaffectée – à l’écart du village (tu as pris soin de souligner ce détail). Là, dans cette maison où continuait à passer « le train de l’imagination » pour toi et pour tes frères, tu as vécu une enfance heureuse, au sein d’une famille des plus honorables qui soient. Un père forestier connaissant bien son « triage », sachant abattre un chêne de belle façon, un père à qui ses enfants doivent amour et connaissance des arbres. Et une mère admirable, intelligente, une femme vertueuse, dévouée et estimée. Claude, dans tes pages, il y a beaucoup de tendresse, mais pas de nostalgie. On dit qu’on ne guérit jamais de son enfance. Ton écrit au contraire marque une sérénité, un détachement discret vis à vis de cette époque révolue. Mais le souvenir, lui, n’est jamais aboli. On peut le faire revivre. Tu as bien su traduire la bonne impression de ton enfance qui colore ta vie d’adulte dans une prose claire, simple, belle, que j’apprécie.
Après plusieurs années d’absence, je suis venu à Royaumeix. Certes, le village à changé. Nouvelles maisons, anciennes rénovées, intense circulation motorisée, mutations agricoles. Je considère ces faits banals parce que communs en tous pays. Donc pas d’étonnement. En revanche, j’ai porté mon intérêt sur les mentalités. J’ai constaté un clivage très net entre la population autochtone et les nouveaux venus, des citadins. Je n’aimerais pas que les uns et les autres polémiquent pour des questions subalternes ou mesquines. Mieux vaudrait développer la vie associative, élaborer des projets dans l’intérêt général. Royaumeix ne doit pas être un village dortoir, fait de deux populations distinctes, juxtaposées. Le village, demain, ce doit être les Anciens et les Nouveaux. La fusion harmonieuse que je souhaite prendra du temps à se réaliser. Espérons.
Karifloris :
L’auteur a sans doute raison de s’accrocher à ses souvenirs d’enfance, souvenirs d’un joli petit village, « d’un coin de paradis coloré et odorant » selon son expression. Le poète anglais John Milton n’a-t-il pas dit aussi que « les souvenirs constituent le seul paradis d’où nous ne pouvons être chassés » (remembrances are the only paradise from which we can’t be driven) ? Aujourd’hui, dans beaucoup de villages d’Europe, grâce à la modernisation, les familles sont devenues de plus en plus indépendantes et de fait, repliées sur elles-mêmes sans parler de la télévision qui a grandement contribué à faire passer l’espace de vie de l’extérieur à l’intérieur des maisons. Cette mutation a entraîné, hélas, un amoindrissement des valeurs d’autrefois tels que le partage des tâches, la solidarité, le civisme et même la joie de vivre des habitants de la plupart des villages.
Thierry Imart :
Quel plaisir de revoir le petit village de Royaumeix où j'ai passé de nombreuses années et où restent gravés d’innombrables souvenirs. Les photos sont très belles et je découvre avec beaucoup de surprises que rien n’a changé. Quel pas en arrière avec ces souvenirs... comme si c’était hier ! Je vous félicite et vous remercie de pouvoir nous faire revivre ces moments qui restent gravés à jamais.
Carole :
Le net, que du bonheur ! Quel plaisir de revoir le petit village où j'ai passé mes vacances, mon enfance, chez mes grands-parents, Georgette et Mimile Stammeler. Et oui, je suis la fille de Daniel et Christiane ! Je suis passée à Royaumeix l'année dernière, mais très rapidement. Beaucoup de tristesse d'en repartir, d'ailleurs... que de souvenirs ! De plus, en rentrant, je découvre ce site, et là vraiment, c'est merveilleux ! Photos et commentaires, génial ! Merci d'avoir réalisé ce site très bien fait, grâce auquel je suis un peu tous les jours à Royaumeix. D'ailleurs, j'ai mis en fond d'écran sur mon ordinateur la photo de bienvenue présentant le village.
Pierre Fabre :
En attendant d'en connaître un peu plus sur un ami lorrain que je n'ai découvert que par l'extraordinaire qualité de son site je voudrais te dire qu'après une « relecture » de tes superbes pages j'ai retrouvé, naturellement, beaucoup de similitudes avec mon enfance paysanne bien que la mienne fut, probablement, un peu plus rude. J'ai cru comprendre que la paysannerie, pour ta famille, était seulement dans le « cousinage ». A ce propos, je m'offre l'insolence d'apporter une timide objection à tes textes. La javeleuse était, certes, une faux mais aussi une moissonneuse ; c'est elle qui précéda la spectaculaire moissonneuse-lieuse, bien plus ancienne que nous, mais qui se vulgarisa, seulement, au XXe siècle. La séance du battage, qui perdure de nos jours, seulement pour le folklore, dégageait aussi les graines impures, destinées à la basse-cour, et le reliquat des épis dénommé les « balles ». Ces balles servaient à l'alimentation des bovins en hiver. L'Est et le Sud-Ouest ont, tout à la fois, beaucoup de traditions différentes mais tant de repères matriciels communs ; ce que nous avons tendance à négliger. Je ne manquerai pas de soumettre tes pages à l'un de mes frères, instituteur honoraire, il appréciera, certainement, la richesse des récits teintée d'humour.
René Ferré :
La lecture de vos pages décrivant la vie paroissiale dans votre village de Royaumeix durant les années 50 m’a rappelé la pompe guindée et dérisoire attachée à certaines cérémonies religieuses. Je pense en particulier aux mariages et aux funérailles, des célébrations revêtant joie ou tristesse et ne recevant de l’officiant que réitération de gestes, de chants, un apparat bien rodé, fort loin de la simplicité de l’Eglise des apôtres. Que dire en particulier de la cérémonie d’obsèques lorsque le prêtre fait le tour du cercueil avec l’encensoir en psalmodiant des incantations à la manière d’un chaman ! Actes tout prêts relevant davantage d’une démarche de circonstance que d’une conduite biblique.
Cette gestuelle est tellement semblable aux rites idolâtres qu’on ne peut douter de l’emprunt au paganisme qui a survécu à vingt siècles de christianisme. Ce dernier a ainsi, dès les premiers siècles, assimilé des rites païens dans le but de les contrôler et il en résulte une mémoire archaïque de tradition, de superstition et de légende qui constitue une véritable mythologie sans aucune racine biblique. La Toussaint, Noël, la Chandeleur, Pâques, la saint Jean ont été ainsi récupérées et peu de chrétiens savent que ces fêtes ont pour lointain fondement le paganisme ! C’est très regrettable pour l’intégrité de l’Eglise d’avoir laissé perdurer ces fêtes et dommageable pour les fidèles qui sans le savoir, pratiquent un culte qui ne s’adresse pas à Dieu. Que l’Eglise apporte aux hommes le message de Christ, c’est son devoir mais qu’elle le fasse au profit de rites païens, c’est impardonnable. C’est peut-être de la bonne politique mais une pratique douteuse !
Julien Durand :
Je vous félicite pour votre site que je trouve très représentatif et d'une très grande justesse. Je tiens également a vous dire que votre témoignage est d'une grande valeur et qu'il est très riche d'enseignements pour « les jeunes » comme moi qui n'ont pas connu cette époque.
Jacques Chedaille :
Je viens de découvrir votre site via Histoire-Généalogie. Compliments, magnifique. Vous avez des photos de qualité sensationnelle. Quel est votre secret ? Cordialement.
René Ferré :
Vos souvenirs d'enfance ont déverrouillé les tiroirs où étaient bien rangés les miens ! En remontant ainsi le temps – au fil des souvenirs – j'en ai croisé de bons et de moins bons jusqu'à ce que je m'arrête à un moment particulier de mon enfance. Pourquoi cet épisode là ? Je ne le sais pas. Un moment d'une enfance heureuse, j'avais une douzaine d'années. Un quotidien fait de choses et de plaisirs simples. Il n'y avait pas de téléviseurs, ni ordinateurs, ni consoles de jeux électroniques. Nous avions des livres, des jouets moins sophistiqués. J'avais un Meccano, jeu désuet de nos jours mais combien passionnant. L'ordinaire journalier d'un enfant de mon époque paraît bien terne aujourd'hui. Il était principalement réservé à l'école ainsi qu'à des menus travaux d'aide à la maison, des devoirs et des jeux.
Des journées bien remplies. J'avais en outre pour mission de faire quelques courses en sortant de l'école. Mission dont je m'acquittais assez bien mais avec beaucoup de désinvolture et de curiosité pour le contenu de l'épicerie où j'allais chercher le lait journalier et une certaine attirance pour la fille de la maison ! Une petite brunette qui me donnait quelquefois des bonbons sur le compte du magasin. En toute innocence, la télévision n'avait pas pervertie notre pureté juvénile. Finalement, je ne sais plus si j'allais dans ce magasin pour la brunette aux bonbons, par obligation ou par l'attirance qu'exerçaient les choses et les odeurs banales et exotiques qu'elles recelaient. Je sens encore toutes ces odeurs mélangées, de café, de chocolat, de savon et de pétrole ! Senteurs des épiceries disparues nous rappelant nos leçons de géographie et particulièrement les pays où nous allions chercher les épices qui embaumaient ces boutiques. Je revoie aussi les clientes et les parlottes de connivence, des images d'un temps révolu. Le pain que je ne ramenais jamais entier à la maison, victime de ma gourmandise... et il était si bon ce pain doré, croustillant à souhait. Quant au goûter après l'école, une tartine de pain avec de la confiture ou une barre de chocolat, cela suffisait à notre bonheur. Maintenant, les goûters sont fabriqués en usines ! Ces souvenirs me semblent sortir d'un conte et inventés pour le récit.
Je me souviens aussi de l'école – bien différente de celle d'aujourd'hui – avec des enseignants qui n'étaient pas professeurs des écoles mais de simples instituteurs très dévoués à leurs turbulents élèves, garçons ou filles, pas encore mélangés. Des instituteurs qui nous ont donné un potentiel de valeurs et entrouvert les portes d'un futur prometteur. Des maîtres d'école qui nous apprenaient aussi la responsabilité en nous faisant faire des petits travaux collectifs, remplir les encriers, effacer le tableau ou distribuer les cahiers. Et les jeudis ! Jours dévolus le matin au catéchisme et devoirs (pas trop) et l'après-midi, quel bonheur aux jeux. La salle de jeux était tout simplement le village et ses environs proches. Nous étions assez nombreux pour organiser des jeux de groupe sur un espace sans limites. La grande guerre (en 1937) n'était pas si lointaine et nous entendions encore des récits de combats que nous imitions. Mais nous ne jouions pas seulement à la guerre et avions assez d'imagination pour trouver d'autres jeux. Des jeux inspirés par nos lectures, Robinson Crusoé, Robin des bois...
Notre société était bien différente et en particulier l'environnement familial. Il est de nos jours l'un des principaux facteurs d'échec scolaire et civique. L'absence d'autorité morale et de responsabilités, des enfants livrés à eux-mêmes, personne pour diriger leur trop plein d'énergie, personne à qui ouvrir son cœur ou épancher un gros chagrin, la famille remplacée par des consoles de jeux... Une partie des problèmes de nos jeunes actuels est dans cet inventaire. Et combien d'autres méfaits de notre société moderne pourraient s'ajouter à cette liste !
© 2012 – Claude Bouchot